Hommage à André Tosel

Institutionnel

Le philosophe André Tosel, Professeur honoraire de l’Université Nice Sophia Antipolis, est décédé à Nice le 14 mars 2017, ville où il était né le 15 juin 1941. Grande figure de la philosophie niçoise et militant politique, André Tosel avait notamment dirigé le Centre de Recherches en Histoire des Idées (CRHI) de l'UNS. Pierre-Yves Quiviger, Directeur actuel du CRHI, lui a rendu hommage.

22-03-2017

Ancien élève de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm (où il fut l’élève de Louis Althusser), agrégé de philosophie, André Tosel commence sa carrière comme professeur de lycée (1966) avant de devenir Assistant puis Maître de conférences à l’université de Nice (1967-1988). Il est ensuite élu Professeur à l’université de Besançon, où il fonde le Laboratoire sur les logiques de l’agir avant de rejoindre l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en 1995, dont il dirige l’UFR de philosophie et le Centre d’Histoire des Systèmes de Pensée Modernes. Il revient enfin à Nice en 1998 (qu’il n’avait jamais quittée, puisqu’il y résidait quand il était en poste à Besançon et à Paris), où il succède à Dominique Janicaud à la direction du Centre de Recherches en Histoire des Idées (CRHI). Après l’éméritat (en 2003), il reste très présent dans les activités du CRHI, puisqu’il y anime plusieurs séminaires et organise de nombreux colloques (le dernier, en 2015, dans le cadre de l’axe 3 de la MSHS, avec Jean Robelin, Silvia Marzagalli et Pierre-Yves Quiviger, était consacré aux Apories de la construction européenne et il prévoyait d’organiser un colloque sur Marx en 2018).

André Tosel était une des grandes figures de la philosophie niçoise, tant à l’université que dans la cité. Orateur infatigable et d’un propos toujours dense, présent sur tous les fronts, répondant favorablement à toutes les demandes des associations, marxiste critique, président de l’association des Amis de la liberté, membre du Cercle Condorcet, André Tosel était à la fois un militant politique, au meilleur sens du terme, et un grand savant : historien de la philosophie de tout premier ordre, reconnu par ses pairs comme un des meilleurs spécialistes de Spinoza, de la philosophie italienne (si mal connue en France) et des différents courants du marxisme (il est l’auteur des pages sur les courants contemporains du marxisme dans l’Histoire de la philosophie de la Pléiade), il était aussi un philosophe contemporain de première importance, auteurs de contributions remarquées sur des questions essentielles comme la mondialisation ou la laïcité. Parmi la trentaine d’ouvrages qu’on lui doit, on peut mentionner Spinoza et le crépuscule de la servitude (Aubier, 1984, issu de sa thèse d’Etat en philosophie), Kant révolutionnaire. Droit et politique (PUF, 1988), Démocratie et libéralismes, (Kimé, 1995), Figures italiennes de la rationalité (codirection avec Christiane Menasseyre) (Kimé, 2005), Penser l’histoire. « Le XVIII Brumaire de Louis Napoléon Bonaparte » (Belin, 2007), Du retour du religieux : Scénarios de la mondialisation culturelle I, (Kimé, 2011), Civilisations, cultures, conflits : Scénarios de la mondialisation culturelle II (Kimé, 2011), Nous citoyens, laïques et fraternels ?, (Kimé, 2015) (dans lequel il revient longuement sur Spinoza et infléchit son interprétation du Traité théologico-politique), Etudier Gramsci. Pour une critique continue de la révolution passive capitaliste, Paris, (Kimé, 2016).

texte : Pierre-Yves Quiviger, Directeur du CRHI.

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