Dynamique des défaillances d'entreprise en France et crise de la Covid-19

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Dynamique des défaillances d'entreprise en France et crise de la Covid-19 (OFCE Policy Brief 73) M. Guerini : GREDEG, CNRS et Université Côte d’Azur. SciencesPo OFCE L. Nesta. GREDEG, CNRS et Université Côte d’Azur. SciencesPo OFCE. SKEMA Business School X. Ragot: OFCE et CNRS - SciencesPo S. Schiavo. Université de Trento, Italie, et SciencesPo OFCE.

28-06-2020

Dans le cadre du recherche jointe avec l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques, des membres du GREDEG ont étudié l’impact de la crise Covid-19 sur la solvabilité des entreprises à partir d’un échantillon d’un million d’entreprises françaises.

L’étude, disponible en ligne ICI, se fonde sur un modèle de simulation où les entreprises minimisent leurs coûts de production dans un contexte de chute brutale de la demande.

L’étude montre les points suivants :

         i.            Le tissu productif est lourdement affecté par cette crise, avec des niveaux de défaillances sans précédent. On observe en effet une augmentation des défaillances d’entreprises de 1,4 point de pourcentage (de 1,8% dans un monde sans crise à 3,2%), soit une hausse de presque 80%. Conjointement, l’analyse prédit une multiplication par plus de 2,5 des problèmes de liquidités des entreprises, passant de 3,8% en régime de croissance régulière à plus de 10%.

       ii.            La crise de la Covid-19 a des effets différenciés par secteur, taille, et région. Les secteurs de l’hébergement-restauration, les services aux ménages et la construction sont particulièrement exposés aux défaillances d’entreprises. Les entreprises issues des secteurs du commerce et de l’industrie manufacturière sont affectées dans une moindre mesure. Les microentreprises et les grandes entreprises sont également exposées au risque de faillite, alors que les PME et les ETI sont plus solides. Enfin, le sud-est de la France essentiellement, et l’Ile de France dans une moindre mesure devraient enregistrer une augmentation importante de défaillances.

     iii.            Le dispositif de l’activité partielle a été très efficace pour limiter les défaillances. Sans un tel dispositif, la part d’entreprises défaillantes serait passée de 3,2% contre à 4,4% en janvier 2021. Sur le million d’entreprises étudiées, ce sont ainsi 12 000 qui sont restées solvables grâce au dispositif d’activité partielle.

     iv.            Cette crise aura également un impact sur l'efficacité globale du système économique français.  D’une manière générale, le mécanisme de sélection de marché fonctionne correctement en situation de croissance régulière. En situation de crise en revanche, le mécanisme de sélection se grippe puisque l’on observe une augmentation systématique de la part des entreprises productives dans la population des entreprises insolvables.

 

Il est donc légitime pour les pouvoirs publics d’intervenir directement en proposant des aides aux entreprises les plus viables. Pour éviter des faillites importantes, les chercheurs proposent un mécanisme de contribution aux fonds propres des entreprises en difficulté pour un coût budgétaire de l’ordre de 8 milliards d’euros.

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